La première fois que l’on m’a proposé une mission en tant que formatrice en ergonomie, je me suis dis : oh là là.
V’la la Cathy qui se remet dans ses ‘cours’.
Je gratte sa mémoire…pour venir à ce lamentable constat :
l’Ergonomie a une place misérable dans le cursus des formations !
Ergonomie = dernière roue du carrosse.
Temps et budget alloués minimum ;
Certains formateurs ‘snobent’ aussi l’ergonomie.
Or, nous, soignants, à chaque instant, avons terriblement besoin de connaître les postures correctes afin de prévenir
les problèmes de notre pauvre dos, prendre soin de nos articulations…Bref, prévenir les TMS (troubles muculo squelettiques) fléau dans notre métier.
Combien de fois par jour un AIDE (AVS/AMP/AS) mobilise t il les
personnes ?
Se retrouve t il baissé ?
En torsion ?
Accroupi ?
Tous ceux qui travaillent dans l’aide à la personne, savent de quoi je parle.
Comme vous le savez, certaines personnes : âgées, malades, éprouvent des difficultés, que celles-ci soient
permanentes ou temporaires, à passer seuls d’une position à une autre : fauteuil- lit, fauteuil-WC….
Que vous soyez AMP, AS, AVS vous devez assurer le relais :
Transfert !
Et ce, en toute sécurité, l’objectif étant d’éviter de faire mal à la personne : risque de chute et éviter de SE
faire mal : prévention des lombalgies.
Pour ce faire, des aides au transfert existent : barre d’appui, lève personnes en cas de handicap moteur,
etc.
Mais, pour les utiliser, vous devez connaître et appliquer l’ERGONOMIE et TECHNIQUES DE MANUTENTION.
Avant toute mobilisation, VOUS devez
impérativement
- informer la personne sur ce que vous allez faire
- solliciter son aide (valorisation)
- Soyez clair sur ce qu’elle devra faire et ou se
tenir
- soyez certain que la consigne a été comprise.
Vous devez connaître la personne, ses
potentiels, son état de santé, ses besoins, ses souhaits....
- ses mains et ses doigts (déformation, diminution e la force
musculaire)
- les articulations (genoux, pieds…)
- les épaules : douleur
En effet, si vous ne devez pas faire à sa
place, vous ne devez pas non plus mettre la personne en position d’échec : lui imposer ce qui est au dessus de ses forces, voilà pourquoi il est important de connaître la situation
de la personne que l’on accompagne : projet de vie, degré d’autonomie…
Après, tout ce que la personne peut faire seule, c’est toujours cela de gagné pour votre dos, et par la même occasion,
vous lui rendez un grand service, car, en stimulant ses capacités motrices, c’est tout son organisme qui s’active.
Soyez vigilant
lors du 1erlever après un
temps de repos : genoux flageolants…
- demander sa participation, même minime
- soyez certaine de vos gestes
- réfléchissez et ne vous lancez pas tête baissée dans une action mal
préparée : Position du fauteuil par rapport au lit, par exemple, lors du lever
- -aménagez l’espace : penser et prévoir ce que vous allez faire
avant de commencer à le faire.
- Une fois dans l’action, l’hésitation n’est plus
permise.
Pour l’aide à la
marche :
- penser aux chaussures,
les vôtres mais aussi celles de la personne, si vous saviez les accidents à cause de chaussures mal mises ou inadaptées à la morphologie du pied de la personne, à la canne, au
déambulateur…
- Encourager toujours la personne en restant à ses côtés au cas où
(perte d’équilibre, obstacle…)
- Attention à l’essoufflement
- Encourager la personne à
s’exprimer et prenant en compte ce qu’elle vous dit
Lorsqu’une personne est
‘désorientée’, il est judicieux de se placer devant elle (face à face) et de lui demander de vous regarder dans les yeux, guidez la, encouragez la…
Votre présence, sécuritaire et chaleureuse est aussi importante que tous les soins du monde…
D’ailleurs, je tiens à préciser ici, que la
COMMUNICATION est aussi un SOIN :
Soin
Relationnel !
Restez en OBSERVATION, vous êtes un PROFESSIONNEL ; ce qui veut dire que vous devez être à même de
déceler le moindre changement au niveau des mouvements : vertige, raideur, douleur, tremblement….etc
Enfin, je termine en vous conseillant de ne pas mobiliser une personne handicapée si vous n’avez pas été formé aux
gestes, postures et techniques de manutention, en effet, vous engagez votre responsabilité.
On ne mobilise pas une personne hémiplégique
de la même manière qu’une personne souffrant de démence, par exemple.
Chaque accompagnement doit être personnalisé et adapté à la personne, mais aussi à vos capacités et limites.
La mobilisation des personnes, les règles
d’ergonomie=
S’APPREND, se pratique, et s’affine ensuite
avec la répétition des gestes.
Sachez que vous avez droit à des heures de formation dans le cadre de la formation continue (gratuité pour le
salarié).
Profitez, car la formation continue est source de valorisation personnelle, en plus de participer à votre évolution
professionnelle, et la sécurité : la vôtre et celle de la personne que vous accompagnez.