AMP , vous le savez, nous sommes amenés à travailler auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.  Les traitements, aussi indispensables soient ils, n’évitent pas toutes formes d’agressivité inhérentes à la maladie.👩

AMP, nous savons, en principe, gérer ces troubles du comportement. Encore faut-il se trouver au bon endroit et au bon moment. 

👧Hé oui, AMP = 3 têtes, 6 bras ou omniprésent.

 Donc, des  ‘incidents’ et incivilités entre ‘patients’, arrivent plus fréquemment que ne peuvent supposer les personnes extérieures à ce Microcosme !

 👩C’est fou comme ‘ils’ peuvent faire preuve d'agressivité, voire  devenir violents entre eux ! 

Pour des broutilles ! Et dans le cadre de cette maladie....bah, croyez moi, çà part vite....

Certains patients, en oublient qu’ils n’ont plus l’usage de leurs jambes tant l’envie d’en découdre avec ‘l’agresseur Alzheimer’ est grande.👧

Donc, AMP, nous doublons de vigilance afin que des objets nos identifiés, ne se mettent à voler dans les airs.

Remarquez c’est le but des Unités protégées.

Malheureusement de 1) il n’y a pas que des personnes atteintes par cette maladie dans ces lieux, et de 2) il existe plusieurs stades dans cette maladie.

 👱Conclusion : Frictions entre résidants avec des niveaux différents.

AMP,  je vous rassure, il y a des moments de pur bonheur, per exemple lorsque 2 patients communiquent sur 2 sujets différents et totalement délirants,  qui néanmoins semblent se comprendre à la perfection ; Ou bien ce monsieur qui se déshabille inlassablement et, si on ne l’en empêche point, resterait dans son lit 24h/24h, parce que, dit il : " je ne travaille pas je vous dis"

A contrario, vous avez un autre qui, toutes les heures, hurle qu'il doit sortir car on l'attend au boulot.

Ou encore cette charmante cleptomane qui ‘dérobe’ des objets dans la chambre des autres, et les cachent dans la sienne.

Puis, si vous la regardez ne serait-ce qu’une seconde, elle se met à crier :

« Ce n’est pas moi, Je ne suis pas une voleuse, Je vais le dire au Directeur »

Les visiteurs qui arrivent à cet instant et l’entendant hurler, accourent tout naturellement ....

Le comble ? Malgré le lieu où l'on se trouve, et nos explications rationnelles, la plupart du temps, les visiteurs sont soupçonneux à notre égard :

"Mais que lui font ils à cette pauvre dame qui crie... ? "

Et cette autre, fugueuse professionnelle qui réussit à déjouer les codes et autres systèmes de sécurité  et que l'on retrouve sur le parking ou derrière la grille, en attendant qu'une voiture sorte pour s'échapper ?

"Lorsqu'on la retrouve, elle nous affirme qu'un homme l'a kidnappée"

 Ou des couples qui se forment et que l’on retrouve au petit matin dans le même lit.

Ebouriffée et souriante, la patiente me déclare :" Vous allez m’expliquer comment j’ai atterri dans les bras de ce monsieur ? "

Et ce ‘monsieur’ la bouche en cœur qui s'exclame :

«  Vous savez quoi ?  Je me rappelle que je ne me souviens plus »

AMP, j’avoue, je n’explique pas tout.

AMP, parfois, une crise de rire nous prend.

Souvent, je me dis que faire un film dans une unité protégée, serait un régal...Le rire serait roi, c’est certain.

Avis aux artistes et aux âmes de producteurs.

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Alzheimer et Agressivité

L’agressivité pathologique peut être mise en relation avec le type d’atteinte cérébrale. Outre la désinhibition issue souvent d’une lésion frontale et diminuant le seuil de tolérance à la frustration, les troubles de la perception peuvent également mener une personne âgée à réagir de manière inappropriée, appréhendant la stimulation comme une menace. Par exemple, des troubles de mémoire associés à une difficulté de reconnaître certains membres du personnel peuvent être à la source d’une réaction catastrophique. Les fausses perceptions du désordre délirant, avec ou sans hallucinations, sont également susceptibles de contribuer au développement de conduites perturbatrices.  L’agressivité pathologique peut également se révéler endogène, comme une pulsion indépendante des circonstances extérieures. C’est le cas des épilepsies temporales ou des situations de sevrage à une médication.   

L’agressivité dite " caractérielle " est intimement liée aux traits de personnalité ou au mode de fonctionnement ancien de la personne âgée et sera fortement contaminée par l’apparition de déficits cognitifs surajoutés. Elle s’abordera davantage par des manœuvres d’encadrement et une perception la plus claire possible de la part du bénéficiaire des conséquences découlant du non contrôle de ses attitudes hostiles.

Les comportements agressifs pathologiques chez la personne âgée hébergée sont à distinguer de l’agressivité normale suscitée par une non-satisfaction des besoins fondamentaux  Il faut donc tenter de comprendre le sens des comportements perturbateurs. Le bénéficiaire atteint de déficits cognitifs qui se déshabille en public pourrait exprimer, avec les moyens dont il dispose, un besoin d’uriner ou de se rafraichir, sans aucune véritable intention d’exhibitionnisme. Les comportements d’errance, quant à eux, ne deviennent véritablement problématiques que lorsqu’ils se composent d’une action invasive, compromettant les droits territoriaux des autres résidents. Les conflits résultant d’une intrusion de l’intimité peuvent mener à de réelles situations de confrontation et soulignent les difficultés inhérentes à la co-habitation rapprochée des bénéficiaires dits " lucides " de ceux souffrant de déficits cognitifs.   

     

 

 




 

 

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