En ce moment, je couche sur papier toutes ces 'petites' maltraitances ordinaires et répétitives que nous faisons tous subir à des personnes malades et/ou fragilisées que nous sommes supposés aider.

 

Je livre quelques exemples :

 

Le patient alité 24h/24h (fin de vie) que l'on oublie d'aller voir cinq minutes de temps en temps

 

Le patient trop lent à terminer son repas, et à qui l'on retire l'assiette pour respecter l'horaire en cuisine

 

L'hygiène dentaire bâclée car le patient est opposant et que l'on manque de temps

 

Le patient interdit de sortir dans le jardin par risque de chute (qui est l'imbécile qui a conçu ce jardin pour personnes dependantes avec des escaliers partout ?)

 

Le patient qui réclame de se rendre sur les WC et à qui l'on dit de faire dans sa 'couche'

 

et la manipulation psychologique que nous exerçons sans même nous apercevoir ?

 

« Allez, mangez, sinon vous allez vous retrouver à l'hôpital, c'est çà que vous voulez ? »

 

« Dépêchez vous, allons, votre fille va arriver et vous trouvera tout sale ? »

 

« asseyez vous, asseyez vous  je vous dis» et on l'oblige en le tenant par les bras, tout en criant « vous êtes impossible aujourd'hui mais je ne me laisserais pas faire»

 

« Oh non, y en a partout, c'est dégueulasse »

 

« CA me fatigue, c'est toujours comme çà avec vous, vous allez arrêter de cracher ? »

 

ET CE NE SONT QUE LES PLUS MECHAMMENT ACCEPTABLES ! 

 

En lisant ces mots, vous vous dites :

 

Non, moi, jamais ?

 

Racontez pas d'histoires !

 

Vous aussi !

 

Pour peu que vous soyez un Aidant/Soignant !

 

Même moi, et je peux vous assurer que plus patiente et douce que moi...tu meurs !

 

La preuve ?

 

Mes collègues qui reprochent quotidiennement ma lenteur, ma compréhension, ma soi disant perte de temps à converser avec les patients pour rien !?!

Les années passent, Cathy mûrit, mais son coeur change peu....   et bla bla et bla...  

 

Les faits :

 

Un résidante, recemment arrivée dans ces lieux, clouée dans un fauteuil du matin 10h au soir 19h, pleure, y compris lorsqu'elle est entourée des siens.

 

Automatiquement je prends sa main et doucement, j'essaie de la faire parler...Jamais, je n'ai eu à la forcer...c'est avec plaisir que cette personne 'vide son cœur gros'.

 

Malgré la maladie, elle susurre 'de peur que la brune ne l'entende', me dit elle .

 

Je me garde de dire un mot autre que des paroles rassurantes...

cette personne aime chanter, alors chantons après les larmes.

Comme il est facile de faire faire à des personnes fragilisées ce que l'on veut

(malheureusement en bien comme en mal, et c'est là tout le problème).

Comme il est facile de les rendre un tout petit peu plus heureux en cet endroit

(malheureusement le contraire est aussi vrai)

 

Change avant le coucher que nous effectuons en binôme avec la même patiente, mais elle n'est pas la seule à être apeurée, seulement je ne peux ici tout raconter

 

La patiente ne veut pas que 'la brune' la touche, ce qui énerve ma collègue qui la saisit...

heu, disons, 'énergiquemen't pour ne pas dire 'brutalement', mais c'est selon ma vision de la chose et le ressenti de la patiente. Je sais, mon empathie est immense !

 

La personne proteste et accuse 'la brune de lui faire mal' :

'pourquoi vous me molestez, madame ? pourquoi vous êtes méchante avec moi ? Je ne le mérite pas, vous savez ? et je n'ai pas peur de vous, non madame"

 

La collègue de plus en plus agacée et moi qui essaie de temporiser ;  Ce qui a pour effet de l'agacer encore plus !

"Laisse-la, c'est une vraie marseillaise"

Moi, naïve, dans le but de-dramatiser/faire diversion

" Vous êtes de marseille Madame X ?"

 

"Hé Non, je ne suis pas marseillaise, je suis de..."

 

Ma collègue: " Çà m'étonnerait, vous êtes une marseillaise complet"

 

La patiente conteste l'afirmation, mais la collègue sort déjà, tandis que je traîne afin de réconforter au mieux la résidante, en répétant que nous sommes là pour l'aider, surtout pas pour lui faire du mal.

 

Lorsque je sors de la chambre, la personne est calme et me remercie pour ma gentillesse.

 

Plusieurs membres de sa famille, m'ont dit la même chose :

"Oui, mais vous n'êtes pas comme l'autre, la brune" (au passage, PARDON pour toutes les brunes) 

 

Vis à vis de ma collègue, je ne me sens pas bien.

Toujours, j'essaie de ne rien ramener  à ma personne, car j'estime que le boulot c'est le boulot, et il n'y a rien de personnel là dedans. Je ne fais que mon job, et il ne m'est pas du tout difficile de le pratiquer avec humanité, ce qui me pèserait serait le contraire. J'ai essayé de le faire comprendre, mais ma collègue est du genre : "Je sais tout"  et surtout " Je sais tout mieux que toi" !

Donc, j'ai abandonné, chacun son fardeau et le sien ne sera pas le mien.

 

Elle est un être menant une guerre qui n'est pas la mienne, de fait, je ne peux pas être son allié.

 

Les faits

En principe, il est consensus que lors des soins, les membres de la famille sortent de la chambre.

 

Si, en général,  j'adhère à cette pratique en ce qui concerne la toilette du matin, pour le reste, je considère que la personne devrait pouvoir choisir.

Après tout, une épouse qui, de part sa présence 'apaise' un patient agité, voire violent, je considère que c'est bénéfice pour tous.

N'empêche, je suis bien la seule à le penser en ces lieux.

Mais qu'à t on à cacher ? De quoi a t on peur ? Fusse t il que l'on soit si peu sur de nos gestes, de nos actes, de notre langage ?

 

Je le dis honnêtement car, à mes débuts, j'aimais être seule à la tâche car je craignais d'être jugée...manque d’expérience, ego mal centré, que sais je!

Le fait est qu'avec l'analyse de mes pratiques et l’expérience aidant, je pense sincèrement que les soignants gagneraient à accepter l'aide des familles y compris pour les soins. Lorsque cela est désiré et possible !

 

De un : Les familles comprendraient mieux nos pratiques y compris les difficultés parfois rencontrées

 

De deux : Un rapport de confiance entre les deux parties s’installerait et serait la bienvenue

 

De trois : La famille se sentirait sinon valorisée du moins utile...encore !

 

 

Petits Arrangements entre Soignant-Famille

Je comprends que nous tous, y compris sur notre lieu de travail, nous ayons des affinités. Les personnes que nous aidons sont des êtres humains, et donc, certains sont plus ou moins avenants, selon notre perception des choses.

L'important est de le savoir  (en être conscient) et  passer le relais, ou mieux, avoir suffisamment dompté son ego afin  d'en faire abstraction et avoir un comportement professionnel.  

Croyez le ou pas, ce fut difficile et long le parcours, mais j'y arrive...

A ne faire aucune 'préférence' entre les patients (l'impartialité, n'empêche pas les afinités).

 

 Les faits

Il est des patients qui, les veinards, (enfin, en apparence), ont droit à un traitement de faveur :

Style : changement de vêtements à la moindre tâche, coucher à heure régulière quoi qu'il arrive ou malgré d'autres urgences, douche/shampoing en temps et en heure, bijoux, parfums jamais oubliés...

On pourrait croire que c'est parce que la présence de la famille est quotidienne

(ce qui est le cas ici, mais pas uniquement) 

 

NON, ce n'est certes pas l'unique raison, qui, selon moi n'est pas valable du tout, par ailleurs.

L'autre jour, j'ai compris pourquoi : KDO !

Un membre de la famille, apporte régulièrement des cadeaux très personnels à l'aide soignant (vêtements entre autres) .

Franchement, la conscience professionnelle n'est plus ce qu'elle était ou bien ne fut jamais, ce n'était que l'idéalisme d'une AMP dans un bas monde d'injustices qui la font hurler...

 

 

 A TOUTES LES FAMILLES 

 

-N'apportez que des vêtements confortables, amples, et préférez les matières naturelles (vaut mieux acheter des vêtements adaptés chez EMMAUS que chiper les chemises lacoste du fils, certes très belles mais 'étriquées' et avec des boutons à rallonge.

 PITIE pensez à la difficulté qu'ont ces personnes à lever les bras, et avec arthrite/raideur/douleurs osseuses diverses/lenteur naturelle des gestes.

 

-Vêtements, en quantité, à savoir une tenue complète par jour, n'oubliez pas la tenue de nuit adaptée et qu'il ne soit plus nécessaire de vous le réclamer mille fois.

Si vous saviez combien un 'accident' est vite arrivé et une tenue changée !

OK le contraire aussi : patient saturé, tenue trompé, et on fait comme si....je vous l'accorde 

 

-Arrêtez de nous prendre pour cible sur des 'affaires' qui ne dépendant pas de nous, comme 'prescription contention' ou fauteuil. Nous les utilisons uniquement lorsque cela a été prescrit par un médecin et livré dans le service sur commande de l'établissement . 

 

-OUI la chute arrive souvent, car nous ne pouvons pas faire la sentinelle devant chaque patient, que nous ne pouvons pas l'empêcher de se lever et de DEAMBULER, pas plus que nous ne pouvons relever les barrières d'un lit de notre seule initiative : 'transmission de nos observations, de vos demandes, discussion en équipe lors des transmissions, l'IDE remonte l'info auprès du médecin....ET et et....

 

C'est fou, la famille suspecte 'MALTRAITANCE' à la moindre chute (raisons indiquées plus haut) ou bleu sur le nez (un patient s'endort à table et pique de la tête dans son verre = bleu sur le nez), alors que la

 

MALTRAITANCE est partout  autour d'elle, excepté dans ces 2 cas précis, et la famille ne la 'voit' pas.

 

Ou ne veut pas la voir ?

 

Habitude ? Manipulation psychologique ?

 

Ici je vous fait gré de toutes les maltraitances qui met en scène l'ARGENT

 

HERITAGES et COMPAGNIE !

Aucune pitié pour ces pauvres diables  aux souffrances supperposées qui arpentent ces couloirs-mouratoires, tandis qu'au dehors, ils se battent leurs économies et ou patrimoine !

 

De ma vie professionnelle, je n'ai jamais entendu autant d'histoires (glauques), et de maltraitances psychologiques pour cause de SOUS !

 

Mais bon, j'ose croire que c'est une exception sur cette terre que l'on nomme

C-ôte-d'Az-ur et qui rime avec fau-z- amour ! 

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