Il n'y a pas si longtemps, j'hésitais quant à la pertinence du choix de ma profession, tant le poste diffère selon les lieux d'exercice.

 

Je me revois, oui, je possède aussi cette capacité :

recul, auto analyse...

Trop, parfois, ce qui peut vite tourner à la prise de tête, sinon de bec...voire les 2 ! Crise de stress, crise de rires, crise de blues ou crise dérision, c'est aussi cela ma Vie...la vie de tout un chacun, je suppose.

 

Tandis qu'hier encore, je pestais contre le manque de valorisation des compétences AMP au sein de certains établissements ; Voici qu’aujourd’hui, je mesure la chance que j'ai.

 

AMP, quelle Polyvalence nous possédons, et la polyvalence, çà me connaît.

J'ai toujours admiré les êtres qui naissent, vivent,accomplissent, vieillissent et meurent en un seul lieu...

J'aurais aimé leur ressembler rien qu'un peu, mais je suis diablement leur opposé. Par essence, par racine, non par choix.

 

En ce beau matin où le soleil a oublié que nous somme en hiver, je flâne dans mon nouveau quartier, en respirant à plein poumons, les vapeurs des automobiles endiablées. C'est bon parfois, de ne rien faire d'autre que de prendre le temps... fazer nada !

Tellement je suis heureuse intérieurement, que je me sens remplie de joie...do nothing !

Quelle étrange sensation, Tout va si bien dans ma vie et dans mon corps, que presque, je me dis que c'est trop beau.

 

Quelle chance, il m'a suffit de pousser la porte d'un établissement que j'avais repéré à une rue de chez moi, pour que l'on me propose du travail.

Par les temps qui courent, notre diplôme vaut de l'or.

Pour les AMP, le chômage n'existe que par choix perso, on dirait bien.

Voyez un peu le vaste choix qui s'offre à nous :

Dans le socio éducatif = poste éducateur, moniteur...

dans le médical = poste de soignant...

dans le social = poste de formateur, accompagnateur, animateur...

Et ne culpabilisez pas d'alterner.

L'heure n'est pas au sur place.

L'évolution passe nécessairement par le changement.

 

Donc, sous les rayons du soleil polaire-azuréen, en état de parfaite béatitude, je rentre dans un laboratoire où je tombe sur deux secrétaires médicales au milieu d'une salle d'attente vide.

Derrière le comptoir, l'une d'elles me lance un :

'Bonjour', aussi tristounet que mon 'Bonjour' se veut joyeux ...

'On peut vous aider ' ?

'Oui, je viens prendre les examens de...'

Je ravale mes mots, car cette charmante jeune femme détourne soudainement son regard du mien, lequel suis le sien...en direction du couloir qui mène aux salles d'examen...

Un grand gaillard, avance d'un pas calme et assuré, certain de produire à chacun de ses passages, le même effet sur les poulettes derrière ce comptoir, toutes à sa gloire dédiées .

Le Coq, entre dans le poulailler,  euh, je veux dire, l'Homme, sans vergogne, ignore ma présence et prend ma place devant la secrétaire qui avait depuis belle lurette oublié que j'étais là avant lui...  

Les deux tourtereaux enamourés débutent une danse sensuelle faites de murmures et d’œillades, inconnus uniquement des néophytes... me transformant de fait, en un pigeon inopportun à souhait, car et sans doute aussi, parce que je ne suis pas une débutante.

Je me surprends à marcher en crabe sur la pointe de mes petons, afin de déporter mes 50 kilos (ok ok en rêve) vers le sens opposé où, je l'espère, la deuxième secrétaire daignera prendre acte de ma modeste présence : et pesante, si l'on considère mon véritable poids (55 k, mais je me soigne)

Ma bouche, d'habitude bavarde, reste scellée devant la dévotion inébranlable, que cette dernière donzelle porte au couple d'un autre monde, que forment ses deux collègues.

Croyez ou pas, je vous assure que la deuxième jeune femme, bouche en cœur, avait les yeux rivés sur les deux comparses et faisait indignement abstraction de ma présence (à cet instant précis, j'ai murmuré : Foresti, amène toi)

D'un coup, je me suis sentie, comment dire ?

Frustrée ?

Non !

Invisible ?

Peut-être !

Chez les Martiens ?

Un peu !

Au pays des Candies sans éducation ?

Sûrement !

 

Planer... oui, mon esprit planait au dessus d'une atmosphère irréelle tellement elle me semblait insolite, pathétique, et dérisoirement drôle.

Le doute assaillit mes neurones :

Étais-je entrée dans un labo ou dans un Asile ?

 

J'hésite quelques minutes qui me semblèrent une éternité, tant mon esprit embrouillé, essayait de rationaliser...

J'hésite, encore, et encore, entre :

- pousser le Don-juan en pantalon blanc et pardessus marron ;

ou

- hurler pour mettre fin à cet état général hypnothique que je vivais en deux dimensions simultanément :

la leur, et la mienne, au sein d'un 'donjon' fou..

Prudente, en silence afin de ne pas réveiller cette basse cour, je sors à reculons, afin de vérifier que je suis bien à la bonne adresse avant de commettre une maladresse !

Zavez-vous-vu, le professionnalisme                                                                                                                                                                                  CAMERA CACHEE que je ne saurais voir, sort de ce LABORATOIRE !

 

Vérification accomplie, je reviens sur mes pas,

alors que le playboy du labo sort, son manteau sur les épaules, tout à coup très pressé d'aller griller une sur le trottoir.

Complètement accro, le mec (Florence, mais où t'es où)

Je re-rentre dans l'infâme Donjon où coule le sang des innocents, je

re-retrouve les deux jeunes femmes derrière le comptoir;

Et, comme si de rien n'était, celles-ci m'accueillent comme si elles me voyaient pour la touuuuuuuuuteeeeeee première fois

envie de crier: je vous rappelle que cela fait près d'une demie heure que j'arpente la moquette de ce lieu de 'débauche'

'Bonjour Madame...'

Là, mon sourire est quelque peu rancunier:

RE-bonjour,

au RE, les filles semblent se réveiller de leur torpeur, se lancent un regard style (qu'est ce qui lui prend à la vieille?)

puis, professionnelles (Ah, quand même, vaut mieux tard que jamais), me lançent

'Peut on vous aider ?'

Envie de crier : Ouais, oubliez le 'madame' par exemple, bande de sauterelles... Non, bien entendu je n'ai pas dit cela, j'ai enchaîné de ma plus haute prestance...

OUI, donnez moi les résultats des examens...  

Vlà qu'a présent elles étaient aussi joyeuses, que ma voix était laconique

Nom de Nom, c'était comme un film au ralenti...

Lorsqu’enfin, je sors de cet endroit 'bizarre', le Mannequin de laboratoire , s'était transformé en une espèce de Rat de trottoir entouré de mégots à ses pieds...

J'aurai aimé l'obliger à les avaler un par un, c'est pas possible, alors, quoi !

Narquoisement, en passant devant lui, je le regarde, puis, fixe  par terre, les dalles noyées par un tsunami de mégots, et lance en partant :

Espèce de FUMEUR, và !

Je ne me sus pas retournée pour voir sa réaction...s'il en a eu une, car avec toute la nicotine qu'il a ingurgité en un temps record, il devait être amorphe...son cerveau atrophié à l'image de ses poumons.

A présent, je riais en marchant...

J'adore la Vie !

J'aime mon Pays !

J'apprécie mon métier !

Au milieu de tout cela, des grains de sel viennent agrémenter mes pensées et après coup, je remercie tous ces êtres que je croise, plus déjantés que je ne le suis, et qui me donnent envie d'écrire, écrire,

et écrire encore, encore,

et toujours....

 

        

      En Vente sur le Web Editions   

Retour à l'accueil